Life in France during quarantine: How our country went to sleep

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Like all countries in the world, France has had to face the COVID19 epidemic and all the challenges it has brought with it. It is hard to explain exactly how things went now that quarantine is officially over, but I do remember how quickly it happened. On Thursday, March 12th, the President of the Republic announced the closure, as of Monday, March 16th, of all schools in the country. At that time, I admit, the challenges of managing this pandemic were still unknown to us and we did not pay much attention to it. However, the situation in Italy seemed critical but it is as if we refused to see the problem, even though we are just a few hundred miles away from the border. On March 13th, we were told that gatherings of more than 100 people were prohibited in order to limit the spread of the virus. This particular Friday, we were having drinks on the terrace of a very large bar with a group of friends, and the waiters reminded us that it was impossible to bring an additional chair because the terrace had already reached its maximum legal capacity. We did not know it, but we were having one of the last drinks in a bar for months to come. In reality, I imagine that some people suspected it, but we did not.

The next evening, while we were in another bar, the Prime Minister announced the closing of bars and restaurants effective that same evening, at midnight. The information spread like wildfire in the bar we were in ... creating incomprehension and stupor in the establishment, which normally had to close its doors at 1 am. This time, for us, things became very (too?) concrete. The first questions about quarantine arose, leaving the owners only a few hours to find answers and organize themselves. However, the next day, municipal elections were taking place across the country because the government had chosen not to cancel them. It was in a very particular context that we went to vote for this first round. Monday, March 16th will remain, for me, the most memorable day of this unprecedented experience. As I arrived at the office, after a particularly weird weekend, I found myself in the middle of a storm: everyone was waiting for the president's speech, which was to be held the same evening, and the fear of quarantine was everywhere. Working for the administration, I quickly understood that I needed to bring as many files as possible home because it was very likely that I would not come back to work. I went home, at the end of the day, with as many files as possible, and I, like all French people, listened to the president's speech. E. MACRON announced the establishment of quarantine effective the next day at noon for an indefinite period.

Quarantine had made compulsory the need to have a derogatory certificate for each trip in order to leave one’s house. Very quickly, we were able to generate these certificates on our phones, greatly simplifying our daily lives. The reasons for leaving were very limited: one hour of exercise per day maximum, purchase of necessities, compelling family motive ... French cities emptied and those who were able to leave to quarantine elsewhere did so without hesitation. For our part, we stayed in our apartment in Lyon. In reality, the start of quarantine was characterized by uncertainty, as it was in effect "for an indefinite period". Professionally, we had the chance to be able to go 100% remote, allowing us to keep both our jobs. In France, the government mostly used partial unemployment and remote work as crisis management tools: employees generally received up to 80% of their salary but kept their jobs, and companies were financially helped by the government in order to be able to keep up. Living in a city, we did not really witness endless queues in front of supermarkets, although we knew it was a reality for some. For our part, we had stayed in a city that had become dead and empty of its inhabitants. Gradually, we got used to this new pace, even if the uncertainty about the duration of quarantine did not leave us. About 1 month after the start of containment, its extension for an additional month was announced, with the date of May 11th as a potential end. This second month was made more easily bearable by this objective, which let us hope for the best. Finally, May 11th arrived and indeed, quarantine was lifted. As a matter of fact, people were once again free to go out without certifications, most of the businesses reopened (except bars, restaurants and cafes) and life seemed to return to normality. The last key date in France was June 2nd, when bars, restaurants and cafes were able to reopen, under the condition of special measures to limit the spread of the virus. To date, COVID19 has killed more than 28,000 people in France. Like everyone else, we do not know what the future holds, but we are in any case grateful to gradually recover our freedoms and our lives, with the impression that nothing will ever be exactly the same again.

La vie en France pendant le confinement : comment notre pays s’est endormi
Par Célia Raguis et Lawrie Surdon

Comme tous les pays du monde, la France a dû faire face à l’épidémie de COVID19 et à l’ensemble des enjeux qu’elle a amené avec elle. Il est difficile d’expliquer avec précision le déroulé des évènements maintenant que nous sommes officiellement sortis du confinement, mais je me souviens très bien de la brutalité et de la rapidité de sa mise en place. Le Jeudi 12 mars, le président de la République annonçait la fermeture, à compter du lundi 16 mars, de l’ensemble des écoles du pays. A ce moment, je l’avoue, les enjeux de la gestion de cette pandémie m’étaient encore inconnus et je n’y prêtais pas énormément d’attention. Pourtant, la situation en Italie semblait critique mais c’est comme si nous refusions de voir le problème. Le 13 mars, on nous annonçait aussi que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient interdits afin de limiter la propagation du virus. Ce vendredi-là, d’ailleurs, nous étions en train de prendre un verre à la terrasse d’un très grand bar avec un groupe d’amis, et les serveurs nous ont rappelé qu’il était impossible de rajouter une chaise car la terrasse était déjà au maximum de sa capacité légale. Nous ne le savions pas, mais nous étions en train de vivre l’une des dernières soirées dans un bar pour les mois à venir. En réalité, j’imagine bien que certaines personnes s’en doutaient, mais je n’en faisais pas partie.

Le lendemain soir, alors que j’étais aussi dans un bar avec des amis, le premier ministre annonçait la fermeture des bars et restaurant ce même soir, à minuit. L’information s’est rependue comme une trainée de poudre dans le bar ou je me trouvais… créant incompréhension et stupeur dans l’établissement, qui devait normalement fermer ses portes à 1h du matin. Cette fois-ci, les choses devenaient très (trop ?) concrètes. Les premières questions de mise en œuvre de ces décisions se posaient, laissant aux propriétaires seulement quelques heures pour trouver des réponses et s’organiser. Pourtant, le lendemain, les élections municipales se déroulaient à travers tout le pays car le gouvernement avait choisi de ne pas les annuler. C’est donc dans un contexte très particulier, que nous sommes allé voter pour ce premier tour. Le lundi 16 mars restera la journée la plus mémorable de cette expérience inédite. Alors que j’arrivais au bureau, après un weekend particulier, je me retrouvais au milieu d’une tempête : tout le monde attendait l’allocution du président qui devait se tenir le soir-même, et la crainte d’un confinement était sur toutes les lèvres. Travaillant pour l’administration, j’ai rapidement compris qu’il fallait que j’emmène le plus de dossiers à la maison car il était fort probable que je ne revienne pas travailler de ci-tôt. Je suis donc rentré, en fin de journée, avec autant de dossiers que possible, et j’ai, comme l’ensemble des Français, écouté l’allocution du président. Ce dernier annonçait la mise en place du confinement à compter du lendemain à midi pour une durée indéterminée.

La mise en place du confinement avait donné naissance à la nécessité d’avoir une attestation dérogatoire pour chaque sortie. Très rapidement, il nous a été possible de générer ces attestations sur nos téléphones, simplifiant quand même grandement notre quotidien. Les motifs de sortie étaient très limités : une heure d’exercices par jour maximum, achat de produits de première nécessité, motif familial impérieux… les villes se sont vidées et ceux qui ont pu partir se confiner ailleurs l’ont fait sans hésitation. De notre côté, nous sommes restés dans notre appartement lyonnais pendant les deux mois du confinement. En réalité, le début du confinement était marqué par l’incertitude, car il était alors en vigueur « pour une durée indéterminée ». Le télétravail s’est mis en place rapidement, nous permettant de garder un rythme et surtout nos emplois. En France, le chômage partiel a été l’outil de gestion de crise plébiscité par le gouvernement avec le télétravail : les salariés touchent en général 80% de leur salaire mais conservent leur emploi, et l’entreprise est aidée par le gouvernement afin de pouvoir se maintenir. Vivant en ville, nous n’avons par réellement connu les files d’attentes sans fin devant les supermarchés, bien que nous savions que c’était une réalité pour certains. De notre côté, nous étions restés dans une ville devenue morte et vide de ses habitants. Progressivement, nous nous sommes faits à ce nouveau rythme, même si l’incertitude sur la durée du confinement ne nous quittaient pas. Environ 1 mois après le début du confinement, sa prolongation pour 1 mois supplémentaire a été annoncée, avec la date du 11 mai comme perspective de déconfinement. Ce deuxième mois a été, à mon sens, rendu plus facilement supportable par cet objectif qui laissait quand même imaginer une sortie progressive de cette situation. Finalement, le 11 mai est arrivé et effectivement, le confinement s’est achevé. Les gens étaient de nouveau libres de sortir sans attestation, la plupart des commerces rouvraient (sauf les bars, restaurants et cafés) et la vie semblait reprendre son cours. La dernière date clef en France était le 2 juin, date laquelle bars, restaurants, et cafés ont pu rouvrir, sous réserve de mise en place de mesure spéciales visant à limiter la propagation du virus. A ce jour, le COVID19 a tué plus de 28 000 personnes en France. Comme tout le monde, nous ignorons ce que le futur nous réserve, mais nous sommes en tout cas heureux de récupérer progressivement nos libertés et nos vies, avec néanmoins l’impression que rien ne sera plus jamais exactement comme avant.

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By CĂ©lia Raguis and Lawrie Surdon. Created on June 9, 2020. Updated Oct. 18, 2020. From Editorials & Opinions.

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